Comprendre.. Vous n'avez que ce mot-là à la bouche, tous, depuis toujours. Il fallait comprendre qu'on ne doit pas jouer avec l'eau et rester des heures sous l'orage les mains en l'air, qu'il n'est pas normal d'aimer trainer seule sous la pluie, qu'on ne touche pas à la terre parce que cela tache les robes et qu'il n'est pas en vogue de ne pas être présentable. Il fallait comprendre qu'on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on a dans ses poches au mendiant qu'on rencontre, qu'on doit parfois s'arrêter de courir après le bonheur, que courir dans le vent jusqu'à ce qu'on tombe par terre est dangereux. Comprendre que la vie ce n'est pas toujours faire ce que l'on a envie, que l'on ne vit pas de ses désirs et ni au jour le jour. Comprendre qu'on ne hurle pas sans raisons et que pleurer tous les jours est malsain. Comprendre que l'âme soeur est une connerie internationale et que cracher les mots qui nous rapent la bouche ne sert à rien. Comprendre que l'on doit faire parfois semblant d'aller bien devant les gens et que la vie est souvent notre premier ennemi. Comprendre que l'on tombe par terre sans manifester sa douleur et qu'on doit trouver la force de se relever seul. Comprendre que compter sur les autres est un leurre, que notre plus beau trésor sont nos souvenirs et que ceux ci nous appartiennent pour la vie. Comprendre, toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille.Si je deviens vieille. Pas maintenant.

[ Antigone ]
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# Posté le mardi 07 juillet 2009 08:56

Modifié le vendredi 04 septembre 2009 08:06

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« Un soupir suffit à tout dire, une bouffée de joie de vivre et on se sent bien. »

Il devait être quelque chose comme 13h20 quand on a tous débarqué devant ces studios avec nos MacChiken, nos ChikenNuggets et nos portions de frites. On savait que t'étais là, c'est toi qui nous l'avait dit. « Vous avez entendu ? Nous on se voit demain. » Ni une ni deux, on était là, fidèles au poste. Moi j'avais le c½ur qui battait à mort parce que ça sentait la fin de la première partie de notre histoire à nous, tous. Je manquais de me mettre à pleurer à chaque fois que mon esprit me surprenait à penser que tu allais bientôt partir pour ne pas revenir la semaine d'après... Mais ils étaient là. Mes fidèles compagnons. Avec leurs sourires, les fous rires et leurs bêtises incontournables. Ce que j'ai pu les aimer. Ce que je les aime encore. Ce que je ne cesserai jamais de les aimer. Affalés sur les canapés de la réception, on fait comme à la maison puisque tout le monde nous connais ici. « Comment vous savez que... » Ils ne comprenaient pas, les autres, tu comprends. C'était un peu comme un secret même si ça ne l'était pas vraiment. On n'a pas eu le temps de voir le temps passé que tu t'amusais à espionner nos réactions avec ta blague pas si drôle que ça, mais bon. Moi, il m'a fallu du temps pour comprendre que c'était toi le policier. Ta folie démente, elle te tient bien. Et puis tu nous annonce que t'avais réussi à négocier, qu'on allait venir avec toi. Pas de temps à perdre, je vais récupérer mes baskets laissées au pied du canapé de tout à l'heure. Mon écharpe noir & blanche. Comme la tienne, puisque « tous pareil... ». On est en train de se promener dans les coulisses et tu sautes à cloche pieds et d'un coup, tu t'arrêtes, tu reprends ton souffle, tu passes ta main dans tes cheveux et tu nous dis « Hey on arrête les conneries là, ho ! » Fou rire général et puis une porte s'ouvre. Il y a des fils qui traînent partout. Il y a des caméras, des gens perchés à deux mètres de haut qui parlent entre eux. Il y a des chaises avec des tables et des nappes rouges bordeaux. Une bougie sur chaque table, on se croirait dans les coulisses d'un vieux film en noir et blanc dans ce décor. Tu nous dis qu'il ne faut pas qu'on fasse de bruit, parce qu'on risquait de se faire mettre dehors. On s'assied. On observe. Et puis ça commence. Les enfants défilent. Ils chantent tous leur chanson préférée, ils dansent ou ils jouent la comédie. Il y a même un magicien haut comme trois pommes qui bluffe tous avec son histoire de corde qui s'allonge si tu la prend comme ça et qui raccourci si tu dis le mot magique. Et toi ? T'es où ? Tu débarques avec un grand sourire, tu t'assois derrière ce grand piano à queue et puis plus un bruit dans la salle. Les premières notes de ta chanson. Il paraît qu'à voir nos têtes, on aurait vu passer un fantôme. Tu parles, c'était Quentin Mosimann et son « Il y a je t'aime et je t'aime ». On avait jamais vu ça, on est restés suspendu à tes lèvres jusqu'à la dernière minute. Et puis tu es venu vers nous. « Hey, on entend que vous ! » Je te jure que mes mains se sont mises à trembler. Parce que je venais de vivre ça et pour moi, c'était magique. Plus rien n'existait autours. Quelques heures plus tard, on s'est retrouvés sur ces canapés de la réception et puis tu dédicaces ces singles. Les tiens. Ce n'était pas le premier, mais c'était la chanson. La chanson qui voulait tant dire autant pour nous que pour toi. Tu prends le mien et puis « Gaëlle... ». Ta main sur mon genou. « A demain ? »

A toi.
Merci.
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# Posté le lundi 14 septembre 2009 12:55

Modifié le mercredi 21 octobre 2009 05:24